Le conte des gueux 8 : la propagande du tzarevitch

25 Fév

Les gueux durent prendre une douche avant d’aller suivre le séminaire du tzarevitch Loskouty, ne pouvant se présenter à lui dégoulinants de gadoue. Le professeur plongea son regard bleu dans chacune de leurs paires d’yeux quand ils entrèrent dans la salle et les gueux se dirent qu’ils n’avaient pas assez frotté, et qu’ils restaient crasseux. Le professeur devait leur parler de propagande. Ils s’étaient un peu demandé dans quelle mesure cela avait à voir avec un cursus de création littéraire, mais en y réfléchissant, cela leur avait paru évident. La propagande était une manipulation du langage, et eux étaient ici pour tripoter les mots. Du tripotage à la manipulation, il n’y a qu’un pas et certains de leurs professeurs l’avaient franchi à de multiples reprises, répandant le bruit dans la région (et même au delà) qu’ils étaient illettrés. Il est vrai qu’ils étaient sales et sentaient mauvais et que quand ils tenaient un livre, leurs doigts y imprimaient des traces de gras, mais ils lisaient tout de même et près de leur lit s’amoncelaient les livres qu’ils avaient souillés de leur pattes huileuses. Les gueux ouvrirent grand leurs oreilles au discours du tzarevitch. Eux aussi voulaient jouer à propagander.

tzarevitch

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